Ce ne fut pas de tout repos. 4 jours en Jamaïque avec John
qui ressemble de plus en plus à un rasta man. Après tant de temps passé à
Montego Bay, John prend déjà l’accent local, dis MAN à tous les 2 mots et
porte maintenant une énorme tuque jaune et verte. Il m’a fait découvert les
bars de la ville qu’il connaît maintenant si bien et m’a fait découvrir la
Red Stripe.
Je lui ai aussi remis son appareil photo mais j’ai peur maintenant
qu’il le vende pour boire.
Bref, après quelques jours de fête et de reggae, il est
venue temps pour moi de lever les voile et de partir pour un endroit moins
rigolo, Haiti.
Je ne connais rien de Les Cayes, si ce n’est qu’un
message Jack en début de tour disait, vous saurez bientôt pourquoi j’ai
choisi Les Cayes comme destination.
Moi et ma légendaire planification ( ???) Je me suis
rendu sur Sangster international en fin d’après-midi du 13 décembre. Je
fignole vite fait un plan de vol me menant directement à destination. Je dépose
celui-ci à un officier qui fumait d’étrange cigarette. Donc, vite fait, sans
trop savoir où je m’en vais, je me retrouve a rouler vers la piste 7, il est
16:52.
Le
ciel est magnifique en cette fin de journée. (Faut savoir que le Père Noël a
pris de l’avance et à télécharger pour moi FS Active Sky juste avant le décollage…)
Je fais un vol sans histoire et le soleil se couche à l’horizon. Je
suis en l’air depuis une quarantaine de minutes lorsque une lumière
s’allume dans mon cerveau. Pour les lecteurs sceptique, sachez que bien
rarement, une certaine activité cérébrale, m’arrive à l’occasion et que
mon cerveau n’est pas encore considéré comme cliniquement mort. Je consulte
rapidement mes cartes, bravo la planification, aucune aide n’est disponible à
Les Cayes et de plus, c’est situé en pleine campagne. J’évalue rapidement
la distance, regarde le soleil, et 2 options s’offre à moi. Ou je fais
demi-tour et reviens sur Montego Bay, ou je tente le coup, au risque de faire un
magnifique Peps dans la campagne Haïtienne. Et j’imagine que les pièces de
rechange ne sont pas légion dans la région. Bref, je décide de jouer la sécurité
en ce début de tour et reviens sur mes pas. Il est 18 :37 lorsque je coupe
les gaz à MKJS et que je revois le même officier qui n’a pas bronché d’un
centimètre et qui fume toujours ses cigarettes qui font rigoler.
Je tente de retrouver John dans ces bars préférés de
Montego Bay et je le retrouve derrière le bar d’un hôtel de touristes à
jouer les Tom Cruise dans Cocktail. Je lui raconte ma soirée et sirotant une
excellente Red Stripe.
Le lendemain, il est 14 :44 lorsque je demande
l’autorisation de décollage. On me la donne immédiatement. En roulant vers
la piste 7, je salue de la main mon ami fumeur. Le ciel est partiellement
couvert et une pression de 30.00. Il fait
Je survole la côte nord de
Le ciel à l’approche de la côte Haïtienne m’arrache
à mes rêveries d’une manière plutôt abrupte. Le ciel se couvre rapidement
et le vent se lève. Le temps que je fasse le point, la pluie se met de la
partie. (Si un jour on fait un film sur ma vie, je verrais bien, avec Brad Pitt
dans mon rôle, ici une musique de suspense alors que je suis concentré a
savoir ce que je fais.) Un évaluation de la distance et un coup d’œil à
l’essence me rassure. Je peux me rendre à Les Cayes et si le risque est trop
grand, tourner vers la capital, Port au Prince.
J’ai quelques sueurs froides en voyant un sol montagneux
sous moi et une visibilité plus que réduite. Je suis rigoureusement mon
plan de vol et commence une descente ou je crois que se trouve cette minuscule
piste. La pluie fouette toujours mon pare-brise lorsque j’aperçois une petite
vallée. Je réduis encore plus les gaz et m’approche en douce pour apercevoir
effectivement une piste. Merde ! La piste est dans un trou naturel !
Je suis trop haut et encore trop rapide ! Je réduis les gaz, déploie les
volets et plonge littéralement dans la vallée.
Ma manœuvre semble être sur la bonne voie et je devrais
me sauver de faire une figure Pepsienne dans la campagne Haïtienne. Je réussi
et remonter le nez de l’appareil et me poser. Durement mais entier.
Je roule doucement sur l’herbe mouillée et me dirige vers la petite ferme aux abords de la piste. Le proprio de la piste sort et m’offre une rasade de rhum que j’accepte volontiers.