14 Décembre, Les Cayes, Haïti

Ce ne fut pas de tout repos. 4 jours en Jamaïque avec John qui ressemble de plus en plus à un rasta man. Après tant de temps passé à Montego Bay, John prend déjà l’accent local, dis MAN à tous les 2 mots et porte maintenant une énorme tuque jaune et verte. Il m’a fait découvert les bars de la ville qu’il connaît maintenant si bien et m’a fait découvrir la Red Stripe.  Je lui ai aussi remis son appareil photo mais j’ai peur maintenant qu’il le vende pour boire.  

Bref, après quelques jours de fête et de reggae, il est venue temps pour moi de lever les voile et de partir pour un endroit moins rigolo, Haiti.  

Je ne connais rien de Les Cayes, si ce n’est qu’un message Jack en début de tour disait, vous saurez bientôt pourquoi j’ai choisi Les Cayes comme destination.  

Moi et ma légendaire planification ( ???) Je me suis rendu sur Sangster international en fin d’après-midi du 13 décembre. Je fignole vite fait un plan de vol me menant directement à destination. Je dépose celui-ci à un officier qui fumait d’étrange cigarette. Donc, vite fait, sans trop savoir où je m’en vais, je me retrouve a rouler vers la piste 7, il est 16:52.  

Le ciel est magnifique en cette fin de journée. (Faut savoir que le Père Noël a pris de l’avance et à télécharger pour moi FS Active Sky juste avant le décollage…)  Je fais un vol sans histoire et le soleil se couche à l’horizon. Je suis en l’air depuis une quarantaine de minutes lorsque une lumière s’allume dans mon cerveau. Pour les lecteurs sceptique, sachez que bien rarement, une certaine activité cérébrale, m’arrive à l’occasion et que mon cerveau n’est pas encore considéré comme cliniquement mort. Je consulte rapidement mes cartes, bravo la planification, aucune aide n’est disponible à Les Cayes et de plus, c’est situé en pleine campagne. J’évalue rapidement la distance, regarde le soleil, et 2 options s’offre à moi. Ou je fais demi-tour et reviens sur Montego Bay, ou je tente le coup, au risque de faire un magnifique Peps dans la campagne Haïtienne. Et j’imagine que les pièces de rechange ne sont pas légion dans la région. Bref, je décide de jouer la sécurité en ce début de tour et reviens sur mes pas. Il est 18 :37 lorsque je coupe les gaz à MKJS et que je revois le même officier qui n’a pas bronché d’un centimètre et qui fume toujours ses cigarettes qui font rigoler.  

Je tente de retrouver John dans ces bars préférés de Montego Bay et je le retrouve derrière le bar d’un hôtel de touristes à jouer les Tom Cruise dans Cocktail. Je lui raconte ma soirée et sirotant une excellente Red Stripe.  

Le lendemain, il est 14 :44 lorsque je demande l’autorisation de décollage. On me la donne immédiatement. En roulant vers la piste 7, je salue de la main mon ami fumeur. Le ciel est partiellement couvert et une pression de 30.00. Il fait 26 Celsius et j’ai une petite pensée pour le Québec envahi par la neige et un froid Sibérien.  

Je survole la côte nord de la Jamaïque avant de quitter pour la petite traversée vers Haïti. Je regarde pour la dernière fois la fois la belle Jamaïque et je pousse le volume du lecteur CD à fond ou Bob Marley me chante le rythme de son île. J’ai aussi une pensée pour John et me demande si il pourra s’arracher à sa vie paradisiaque de Montego Bay et reprendre le manche à balai.  

Le ciel à l’approche de la côte Haïtienne m’arrache à mes rêveries d’une manière plutôt abrupte. Le ciel se couvre rapidement et le vent se lève. Le temps que je fasse le point, la pluie se met de la partie. (Si un jour on fait un film sur ma vie, je verrais bien, avec Brad Pitt dans mon rôle, ici une musique de suspense alors que je suis concentré a savoir ce que je fais.) Un évaluation de la distance et un coup d’œil à l’essence me rassure. Je peux me rendre à Les Cayes et si le risque est trop grand, tourner vers la capital, Port au Prince.  

J’ai quelques sueurs froides en voyant un sol montagneux sous moi et une visibilité plus que réduite. Je suis rigoureusement mon plan de vol et commence une descente ou je crois que se trouve cette minuscule piste. La pluie fouette toujours mon pare-brise lorsque j’aperçois une petite vallée. Je réduis encore plus les gaz et m’approche en douce pour apercevoir effectivement une piste. Merde ! La piste est dans un trou naturel ! Je suis trop haut et encore trop rapide ! Je réduis les gaz, déploie les volets et plonge littéralement dans la vallée.  

Ma manœuvre semble être sur la bonne voie et je devrais me sauver de faire une figure Pepsienne dans la campagne Haïtienne. Je réussi et remonter le nez de l’appareil et me poser. Durement mais entier.  

Je roule doucement sur l’herbe mouillée et me dirige vers la petite ferme aux abords de la piste. Le proprio de la piste sort et m’offre une rasade de rhum que j’accepte volontiers.