8 Décembre 2004, La Havane,
Cuba
Mon entrevue aux informations à Orlando a créé la folie
autours du projet du Six Pack. Mon séjour à Miami ne devait durer que quelques
jours mais je fus emporté dans un tourbillon médiatique. Un engouement que je
n’avais pas prévu c’est formé autours de nous. Tous les médias voulaient
leur part de notre aventure. Je passai 3 semaines à donner des entrevues et à
faire la vie de jet set dans les rues de Miami. Mes grands moments furent sans
contredits ma rencontre avec Larry King sur CNN et lorsque on a affrété un
Lear pour m’amener sur le plateau de Late Show with David Letterman. J’ai
aussi profité de l’occasion pour lancer une campagne de financement pour
aider notre pauvre Peps à payer ses factures d’entretient et de pièces de
rechange.
Le
côté un peu plus négatif fut la manifestation des Cubains de Miami qui
demandent au Six Pack de ne pas arrêter à Cuba et se prêter à une mascarade
des Castristes. J’ai dut répéter des centaines de fois que le Six Pack n’a
rien à voir avec la politique, que nous n’avons rien à promouvoir si ce
n’est que l’harmonie des peuples par la bière. « All we all say, is
give beer a chance ».
Il est maintenant temps pour moi de quitter l’Amérique
du Nord. Voyager aux Etats-Unis est relativement aisé pour moi qui suis un
Nord-Américain. L’heure du dépaysement a sonné, Cuba et les Antilles, me
voilà !
Je dépose donc mon plan de vol en milieu d’après-midi
en ce 8 décembre. Je prévois survoler les Keys et rejoindre la côte Cubaine
juste à temps pour l’apéro. Je laisse même mon surplus de bière Américaine
en consigne. De toute façon, les douaniers Cubain se feraient un plaisir de me
dépouiller et puis, cela fera ça de moins a acheter pour les autres qui
passerons à Miami sous peu.
Il est 16:29 lorsque je lance le moteur et demande
l’autorisation de décoller et de briser encore une fois la limite de vitesse
sur les taxiways. KMIA est remplis à craquer mais étrangement, il n’y a pas
beaucoup de circulation et je me retrouve rapidement en bout de piste 9R tout
juste derrière un Northwest.
Un beau décollage sous un ciel partiellement couvert me
donne une belle vue sur les portes d’embarquement et des nombreux avions de
différentes compagnies aérienne. Je survol aussi le Jo Robbie Stadium,
domicile des Miami Dolphins de
Je parcours le ciel vers le soleil couchant au dessus
d’un chapelet d’îles et de ponts. C’est très intéressant et je me
promet un jour de passer par là avec ma famille.
Après
Key West, il ne reste plus que moi seul, l’immensité de l’océan et un ciel
qui m’honore d’un coucher de soleil magnifique. Le silence radio n’est
brisé que par quelques gros porteurs qui transportent des vacanciers vers le
soleil des Antilles et l’Amérique du Sud. Je profites pleinement du moment et
mets mon dernier CD de U2 et je massacre les paroles de Bono avec mon mauvais
anglais.
Il est près de 18 heure lorsque j’ai un visuel de la côte
Cubaine et je suis instruit par les contrôleurs a commencer mes manœuvres
d’approche. Je suis surpris de voir à quelle vitesse tombe la clarté du jour
dans cette région du globe, si bien que ma descente et atterrissage se fait par
grande noirceur. Le tout ce fait en douceur et je me prépare a ajouter un
nouveau pays dans ma liste d’excès de vitesse…
Je ferme le moteur à 18:13 heure local. Je me demande bien
quelle connerie j’ai pu encore faire lorsque j’aperçois un militaire se
diriger vers moi.
-Senor Paradis ?
-Si ?
-Senor Johnston m’a demandé de vous laisser cela il y a quelques jours.
- Gracias Senor.
J’ouvre… Une caisse de Bucanero Palma Cristal.